Affiche de « Rouen givrée » et affiches municipales de Rouen : utilise-t-elle de l'IA ?
Publié le · Mis à jour le
Probablement. À l'automne 2025, un illustrateur rouennais a repéré des traces d'IA générative sur une affiche de « Rouen givrée », puis sur d'autres affiches municipales. Une quarantaine de créatifs se sont mobilisés ; en 2026, la Ville et la Métropole ont commencé à préparer une charte écartant l'IA générative de leurs visuels, selon le collectif.

- Niveau
- Niveau : VampiriséŒuvre majoritairement générée par IA.
- Statut
- Statut : SoupçonnéIndices sérieux, non confirmés.
- Œuvre
- affiche, 2025, France
- Commanditaire
- Ville de Rouen
- Usages
- Marketing
- Sources
- 2 sourcesPrincipale : La Relève et La Peste, 21 juillet 2026
Quels éléments sont concernés ?
- Marketing : Affiche de l'événement « Rouen givrée » et autres affiches municipales présentant des traces d'IA générative (personnages déformés, perspectives incohérentes), selon un collectif d'illustrateurs rouennais.
Comment l’affaire a-t-elle commencé ?
À l’automne 2025, un illustrateur rouennais remarque sur une affiche de « Rouen givrée » des signes typiques de l’IA générative : personnages déformés, perspectives incohérentes, détails imprécis, rapporte La Relève et La Peste. D’autres affiches municipales présentant les mêmes caractéristiques sont ensuite repérées.
Pour les artistes locaux, la contradiction est forte : une collectivité qui revendique son soutien à la culture remplace une commande à un créateur par une image automatisée.
Comment les artistes se sont-ils organisés ?
Une quarantaine d’illustrateurs, graphistes, comédiens et réalisateurs se regroupent dans un collectif informel, « Autrices & Auteurs Rouen », selon Deep Dive. Ils écrivent au maire, Nicolas Mayer-Rossignol, puis rencontrent les services de la Ville et de la Métropole les 3 février et 3 juin 2026.
Leurs arguments dépassent la question esthétique. La Relève et La Peste rappelle que les systèmes d’IA générative sont entraînés sur d’immenses corpus pouvant contenir des œuvres protégées, et que le ministère de la Culture reconnaît lui-même que les mécanismes actuels ne garantissent pas suffisamment l’autorisation et la rémunération des auteurs. Le site cite aussi l’Ademe, qui recommande d’éviter autant que possible la génération d’images et de vidéos par IA, très consommatrice d’énergie. « L’argent public doit-il servir à économiser une commande ou à faire vivre les créateurs d’un territoire ? », résume-t-il.
Qu’ont-ils obtenu ?
Selon le collectif, la Ville et la Métropole travaillent désormais à une charte interne sur l’usage de l’IA, qui privilégierait les créations humaines et écarterait l’IA générative des supports visuels. Ce serait une première en France, selon le collectif. Pour Deep Dive, le cas de Rouen illustre un problème plus large : l’IA générative sert souvent aux collectivités à éviter de financer la conception graphique, au prix d’une uniformisation visuelle.
Pourquoi le statut « Soupçonné » ?
Les signes relevés par des professionnels de l’image sont sérieux, et la mairie a accepté d’encadrer l’usage de l’IA, mais les sources consultées ne rapportent pas de reconnaissance explicite que ces affiches aient été générées. Le statut reste « Soupçonné ». Si l’usage est avéré, les visuels en cause sont entièrement générés, d’où le niveau « Vampirisé ».
Chronologie
- Premier rendez-vous entre le collectif d'artistes et les services de la Ville et de la Métropole de Rouen.
- Second rendez-vous ; selon le collectif, les deux collectivités travaillent à une charte interne sur l'usage de l'IA.
Questions fréquentes
L'affiche de Rouen givrée a-t-elle été faite par IA ?
C'est très probable selon le collectif d'illustrateurs qui l'a signalée, qui y a relevé des personnages déformés, des perspectives incohérentes et des détails imprécis. Les sources consultées ne rapportent pas de confirmation de la mairie.
Qu'ont obtenu les artistes rouennais ?
Après un courrier au maire et deux rencontres en février et juin 2026, la Ville et la Métropole travaillent, selon le collectif, à une charte qui privilégierait les créations humaines et écarterait l'IA générative des supports visuels.
Qui compose le collectif ?
Une quarantaine d'illustrateurs, graphistes, comédiens et réalisateurs réunis dans le collectif informel « Autrices & Auteurs Rouen », selon Deep Dive.
D'autres villes françaises sont-elles concernées ?
Oui. Deep Dive cite Strasbourg, dont l'affiche du carnaval 2026 a été entièrement générée par IA, et Agde, où une campagne municipale contre les nuisances sur les plages, illustrée par une image générée, a été retirée à l'été 2026 après des accusations de racisme portées par plusieurs associations.
Sources
- À Rouen, les artistes font plier la mairie : l'IA ne remplacera plus les illustrateurs sur les affiches municipales, La Relève et La Peste, . Presse
- Affiches générées par IA : pourquoi les graphistes se rebellent contre les collectivités, Deep Dive, . Presse


